[http://www.lmsoft.com/] NAUFRAGE VOLONTAIRE ? Il n'en demeure pas moins que l'hypothèse du coup monté est confortée par plusieurs détails troublants. Premier fait curieux: l'inhabituel volume d'annulations de réservation enregistré pour le premier voyage du Titanic, notamment quelque cinquante-cinq défections de dernière minute. Des chiffres qui contredisent étrangement l'engouement suscité par l'événement. La plus remarquée de ces annulations fut celle de John Pierpont Morgan, propriétaire de la White Star line et richissime banquier américain. Morgan invoqua des raisons de santé pour expliquer sa défection. Certes sa santé était déclinante au point qu'il mourrait un an plus tard-, mais peu après le naufrage, il séjournait à Aix-les-Bains et semblait se porter à merveille. Si Morgan avait menti, pourquoi? On s'aperçut qu'une grande partie de la fabuleuse collection d'art amassée par le banquier, qui devait alors rejoindre l'Amérique à bord du Titanic, n'avait pas non plus été embarquée à cause « de retards de dernière minute lors du conditionnement des caisses-». Morgan savait-il donc quelque chose? Autres questions restées sans réponse : pourquoi les hommes de veille ne disposaient-ils pas de jumelles dès la levée d'ancre à Southampton, alors même que la météo marine prévoyait le passage de glaces dérivantes sur la route du paquebot ? Pourquoi le capitaine Smith décida-t-il de forcer l'allure du Titanic en traversant une zone maritime qu'il savait traversée d'icebergs ? Lorsque le Titanic heurta l'iceberg, il filait à au moins 20 noeuds, soit presque sa vitesse maximale. Un comportement aussi téméraire laisse perplexe quant aux aptitudes du commandant Smith. Etait-il d'ailleurs raisonnable de confier la banc du Titanic à un homme proche de la retraite dont les états de service avaient de quoi inquiéter?Dès le départ du port de Southampton, une catastrophe n'avait-elle pas été évitée de justesse? Le Titanic avait failli heurter un remorqueur entraîné dans son sillage... Une bévue dont Smith était coutumier: il l'avait déjà commise lorsqu'il commandait l'Olympic Devant tant de légitimes interrogations, certains pensent que la White Star Line aurait prémédité le naufrage du Titanic, organisant malgré tout un sauvetage de vies humaines. La présence dans cette zone d'autres bateaux, dont les équipages restèrent de passifs spectateurs du drame, accréditerait cette thèse . Hélas, soit l'accident s'est produit au mauvais moment ou au mauvais endroit -toujours en raison de l'incompétence de Smith-, soit les conditions de mer auraient rendu impossible le sauvetage, donnant à la tragédie toute son ampleur. Bref le Titanic: un coup monté... mais raté. Nul ne saurait conclure définitivement à cette horrible thèse du naufrage volontaire : sans doute les gens voient du vice là où il n'y avait que de l'incurie et de la malchance. Mais le respect de la mémoire des disparus devrait néanmoins inciter à faire toute la lumière sur les conditions de cette invraisemblable catastrophe. Le naufrage du Titanic reste avant tout frappé du sceau de la fatalité : les scientifiques ont en effet calculé que l'iceberg qui causa sa perte s'était détaché de la banquise polaire cinq ans avant la date de la collision, soit à l'époque où fut décidée la construction du Titanic ! Décidément, le géant des mers était né sous une mauvaise étoile.
L'Olympic
Le Titanic
Fait souvent ignoré, le Titanic n'était pas un navire unique en son genre. Il était simplement le plus extravagant des trois superpaquebots commandés par la compagnie White Star Line aux chantiers irlandais Harland & Wolff, situés près de Belfast. C'est en 1907 que Bruce Ismay, directeur général de la White Star Line, lance la construction des plus gros paquebots jamais conçus au monde, seul moyen de concurrencer les bolides à vapeur de la Cunard Line, alors leader sur le marché des traversées transatlantiques. Les trois bateaux frères, baptisés l'Olympic, le Titanic et le Gigantic, furent achevés et mis en service entre 1911 et 1914. Appointés par l'administration postale de la reine, ces géants des mers allaient par ailleurs porter le titre de « Royal Mail Steamers», assurant le transit maritime du courrier. En octobre 1910, après deux années de construction, le premier de la classe était lancé : YOlympic, monstre de 40000 tonnes, restera le plus grand navire du monde jusqu'au baptême du Titanic, le 31 mai 1911. Alter ego de YOlympic, le Titanic s'en démarquait essentiellement par des aménagements intérieurs beaucoup plus luxueux et par des protections installées sur le pont-promenade des premières classes. Du point de vue de la sécurité, ces deux bateaux étaient à l'avant-garde : système radio Marconi dernier cri, chaloupes de sauvetage dont le nombre excédait les normes en vigueur, et surtout une coque à double fond et un complexe réseau de seize compartiments étanches censés garantir la flottaison même par forte voie d'eau. Et les revues spécialisées de qualifier ces majestueux paquebots d'« insubmersibles». Quant au Gigantic, sa construction était à peine entamée lorsque survint le naufrage du Titanic. Ses plans seront alors modifiés pour renforcer la sécurité à bord (double fond, double quille, panneaux étanches supplémentaires), ce qui portera son poids à 50000 tonnes et en fera le plus gros des trois paquebots. Sans doute par superstition, il sera débaptisé et lancé, le 26 février 1914, sous le nom bien moins prétentieux de Britannic.
Le naufrage du Titanic est entré dans la légende. mais, à l'image de l'iceberg à l'origine du drame, l'affaire recèle des parties invisibles, des mystères tenaces. par-delà l'imagerie sur papier glacé, scénario de ce qui reste l'un des plus grands désastres de l'histoire maritime.
Le Titanic était un navire de rêve. À peine armé, il était déjà le plus célèbre et le plus luxueux des paquebots transatlantiques jamais construits. De fait, le prestige attaché au Titanic était tel que des centaines de passagers, certains parmi les plus riches du monde, souhaitèrent prendre part à son voyage inaugural. D'une rive à l'autre de l'Atlantique, il semble que les plus grands notables mirent un point d'honneur à participer à l'événement historique, à être parmi les premiers à fouler le pont de ce brillant symbole de l'humanité conquérante. Le 10 avril 1912, le paquebot quittait majestueusement le port de Southampton (Angleterre) et mettait le cap sur New York, via Cherbourg. Survenu dans la nuit du 14 au 15 avril, le naufrage du Titanic entraîna la disparition de 1515 passagers -de 2224 personnes en tout si l'on ajoute les membres d'équipage. Ce fut la plus grande catastrophe de l'histoire maritime par temps de paix. Les enquêtes officielles conclurent à l'accident: le naufrage n'aurait été qu'un malheureux concours de circonstances, aggravé par l'incompétence de quelques protagonistes. Mais rapidement, la stupeur fit place à l'incrédulité. Depuis, une accumulation de faits troublants et de questions toujours restées sans réponse ont nourri des multiples débats, où la thèse de l'accident n'est plus seule évoquée.
En 1985, l'épave du Titanic fut localisée à 4 000 m sous la surface de l'océan I Atlantique. Tenu pour «insubmersible», ce navire fut présenté à juste titre comme l'une des plus grandes prouesses techniques de son temps. Et pourtant il sombra dès son voyage inaugural. Ils furent 2 000 à périr dans ce terrible naufrage... volontaire ou involontaire?
John Pierpont Morgan naquit le 17 avril 1837 à Hartford, dans le Connectait (États-Unis). Fils d'un magnat de la finance, il étudia à l'université de Gottingen (Allemagne) avant d'entamer, en 1861, une carrière de banquier Doté d'une personnalité autoritaire, Morgan devint vite une figure influente du monde des affaires, bien que sa carrière ait été émaillée d'accusations le présentant comme un être inexorable, voire corrompu. J. P. Morgan établit rapidement sa réputation d'homme à poigne en parachevant la délica réorganisation des chemins de fer américair En 1902, à la tête de sa propre firme, J.P. Morgan and Company, il était devenu l'un des plus riches hommes du monde. Ceu même année, il se lança dans l'agriculture et les transports maritimes, restructurant l'International Merchant Marine, véritable conglomérat né de la fusion de plusieurs compagnies de navigation transatlantique* — Tout au long de sa carrière, Morgan fit preuve d'un appétit sans limites sur la scène financière internationale, s'assurant le contrôle d'importantes compagnies. Inévitablement ce succès lui valut de solides inimitiés, d'aucuns le considérant comme l'inacceptable visage du capitalisme. Il suscita également à maintes reprises la méfiance du gouvernement fédéral. Morgan s'éteint à Rome en mars 1913, un an environ après le désastre du Titanic, laissant derrière lui une fortune immense estimée à quelque cinquante millions de dollars.
LA MAUVAISE ETOILE Engagée dans une compétition sans merci avec la Cunard Line (dont les paquebots vedettes, le Lusitania et le Mauritania, battent alors tous les records de vitesse sur les traversées transatlantiques), la White Star Line place son avenir dans le succès de la classe Olympic. Mais il semble qu'une sorte de malédiction s'acharne sur les navires de la compagnie. Sous le commandement du capitaine Edward Smith, trois bateaux de la White Star Line s'étaient échoués entre 1889 et 1909 : le Republic, le Coptic et l'Adriatic. Ce même commandant de bord était a la barre de lOlympic lors de sa première traversée. À son arrivée à Manhattan, l'énorme vaisseau manqua de faire couler un remorqueur coincé entre lui et une jetée. Quatre mois plus tard, le 20 septembre 1911, le transatlantique entrait en collision avec un croiseur militaire, le Hawke. L'Olympic fut dérouté sur Belfast, ou l'on fit réparer sa coque. La White Star Line intenta alors un procès en dommages et intérêts, mais elle fut déboutée et obligée de payer une facture de 250000 livres sterling-somme qui vint s'ajouter au coût déjà exorbitant du bateau, un million et demi de livres. Enfin, le 24 février 1912, l'Olympic accrocha une épave sous-marine. Le choc nécessitant le changement d'une pale d'hélice, L'Olympic fut à nouveau remorqué jusqu'aux chantiers Harland & Wolff, où la construction du Titanic touchait presque à son terme. Les ouvriers furent mobilisés pour réparer L'Olympic, si bien que la White Star Line perdit sur deux tableaux: annulation de la prochaine traversée de L'Olympic, et report du baptême du Titanic.
D'UN PAQUEBOT A L'AUTRE Compte tenu des difficultés de la White Star Line à cette époque, dont le point culminant sera bien sûr l'incroyable naufrage du Titanic, deux mois plus tard, la thèse du simple accident sera vite battue en brèche. Plusieurs détails fort intriguants ont en effet amené les observateurs à suspecter l'affaire crapuleuse. La plus invraisemblable des thèses avancées est celle de la substitution. Lorsque L'Olympic revint aux chantiers Harland &Wolffafin de faire réparer une avarie d'hélice, début mars 1912, il se trouva en cale sèche, côte à côte avec le Titanic. Les ouvriers passaient une dernière couche de peinture sur sa coque. Or, sur les photos prises à l'époque, on voit combien les deux navires se ressemblent, du moins extérieurement. Fait étrange, bien que les réparations urgentes effectuées sur L'Olympic compromettent les essais en mer du Titanic prévus pour le 1er avril, Bruce Ismay ordonne qu'une série de fenêtres écrans soit disposée sur la promenade du pont A du Titanic. Cet ajout, destiné à protéger des embruns les passagers de première classe, paraît incongru. Pourquoi en effet exiger une telle modification dans un si bref délai, sans attendre la fin des essais en mer? Et si ces protections étaient jugées si indispensables, pourquoi ne pas en faire profiter aussi L'Olympic} L'étrangeté de cette décision subite amena certains enquêteurs à avancer la thèse de la substitution : dans le secret, on aurait interverti l'identité des deux paquebots. De fait, une fois ajustées, ces fenêtres écrans devinrent le principal moyen de distinguer les deux vaisseaux. Mobile d'une telle substitution? L'argent. Sous la forme d'une gigantesque escroquerie aux assurances! Car si YOlympic sombrait en mer sous l'identité du Titanic, la White Star Line était alors fondée à réclamer l'indemnisation pour son paquebot flambant neuf, somme bien supérieure a ce qu'elle aurait pu exiger pour L'Olympic, et l'authentique Titanic pouvait entamer un service paisible sous l'identité de son bateau frère. Cette thèse farfelue ne résiste pas à l'examen. Lorsque l'épave fut découverte en 1985, plusieurs pièces essentielles du navire, notamment l'hélice a bâbord ou le gouvernail, étaient clairement frappées du chiffre 401, le numéro de fabrication du Titanic -celui de L'Olympic étant 400.
II est reconnu comme un fait incontestable que le Titanic heurta un iceberg, lequel déchira sa coque selon une ligne discontinue. C'est d'ailleurs la seule raison pouvant expliquer que plusieurs compartiments étanches du navire aient été inondés presque simultanément. La nuit du naufrage/ l'équipage remarqua que l'Atlantique était d'un «calme plat» -condition rarissime-, rendant particulièrement difficile le repérage d'un iceberg, aucun mouvement d'écume ne pouvant alors en souligner la base. Pour le reste, la diversité des témoignages oculaires recueillis laisse perplexe : Frederick Fleet, l'homme de vigie, insista sur le fait que l'iceberg était nimbé de brume, ce qu'aucune autre personne n'a confirmé. Plusieurs survivants affirmèrent que ce bloc de glace dépassait en taille le bateau, d'autres rapportèrent qu'il était plus petit que lui... Certains l'ont vu noir et d'autres blanc. Le témoignage le plus intéressant est celui d'une rescapée, Marian Thayer, qui soutient avoir vu plusieurs « masses longues et noires » flottant près des flancs du navire au moment de la collision... et n'avoir vu aucun iceberg.
Californian à l'immobilité. Quand le Californian fit enfin route au petit matin, à l'heure où le Carpathia sauvait les derniers rescapés, il atteint le lieu du naufrage en moins d'une heure et demie, arrivant sur place en même temps que le Mount Temple. L'officier de cet autre navire écrira plus tard à Stanley Lord pour lui avouer que son bateau s'était également trouvé assez proche du Titanic pour le voir couler, mais qu'il n'avait pas bougé par peur des glaces. Dernière révélation en 1962 : un marin norvégien confessa sur son lit de mort qu'il avait été second sur un voilier naviguant dans les parages cette nuit-là. Se livrant à une pêche illégale, les marins s'étaient éclipses sans songer à porter secours aux malheureux.
Le Titanic ne sombra pas dans une mer déserte. Les survivants se souvinrent avoir vu un vaisseau croisant dans les parages, mais fils ne purent l'identifier. L'enquête officielle confirmera qu'un autre transatlantique, le Californian, avait bien été à portée de vue du Titanic au moment du naufrage. Mais son capitaine, Stanley Lord, n'avait pu porter secours au Titanic, ayant coupé les moteurs au milieu des glaces. Cette version est contredite par les hommes d'équipage du Californian* Ceux-ci prétendent avoir bien aperçu plusieurs lumières au loin, notamment des fusées de détresse, sans pour autant être en mesure d'identifier le ou les navires en question. Il semble alors que les tergiversations du capitaine aient réduit le
Des rescapés du naufrage du Titanic se remettent de leurs émotions à bord du Carpathia , seul navire qui pourra porter secours aux victimes, recueillant les 705 passagers qui eurent la chance de monter à bord des chaloupes. Ils furent conduits à New York, où ils devaient être accueillis par une foule émue.
Ce journal daté du 4 mai 1912 relate la première audience de la commission chargée d'enquêter sur le drame. Coude posé sur la table, Bruce Ismay, directeur de la White Star Une, explique, mal à l'aise, comment il a survécu au naufrage.
Après le naufrage du Titanic, son capitaine Edward Smith s'attira de nombreuses critiques; on l'accusa d'avoir accéléré la course du navire dans des eaux réputées dangereuses et qu'il savait traversées d'icebergs. Les plus ardents critiques imaginèrent même que cette témérité camouflait en fait une opération programmée de sabotage... Comble d'ironie, c'est en commettant une erreur de pilotage «involontaire» que Smith aurait provoqué le drame. Cette ultime fausse manoeuvre aurait ruiné le plan de sauvetage prévu.
D'autre part, la plaque nominative de l'épave débarrassée de sa couche de rouille laissait bien apparaître le nom de Titanic. Difficile alors de maquiller autant d'éléments, et surtout d'imaginer que les aménagements intérieurs du Titanic, au faste sans égal, auraient pu être dupliqués et transportés si vite sur L'Olympic.
JOHN PIERPONT MORGAN, NABAB
Extérieurement le Titanic était la copie presque conforme de son bâtiment frère, LOlympic . Après sa mise en service en 1911, ce dernier essuya une série d'accidents qui grevèrent lourdement les comptes de la White Star Une.
LES TROIS FRÈRES
naufrage du Titanic
Jamais aucun navire ne le vaudra... Charles Burgess , boulanger à bord, rescapé du naufrage
DES NAVIRES DANS LA NUIT
Quelque photo des disparus
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Le Gigantic
L'ICEBERG
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