[http://www.lmsoft.com/] Condamnés par l'Eglise qui les jugeait hérétiques, les grimoires médiévaux de magie ont un étrange pouvoir d'attraction. nous avons ouvert pour vous ces volumes occultes.
Le pouvoir des sorciers et des alchimistes se niche dans le secret des bibliothèques car c'est dans les grimoires que se trouvent les clés du savoir, du pouvoir, du plaisir et même des secrets de la vie. Foisonnant de recettes et d'incantations au fil des pages mystérieuses, ces manuels magiques constituent les biens les plus précieux d'un magicien noir. Certains de ces ouvrages sont certainement aussi vieux que la littérature elle-même. L'Histoire révèle d'ailleurs que, dès les plus anciennes civilisations, des sorciers et des prêtres ont consigné par le menu leurs secrets dans des rouleaux de parchemin et des livres. Transmis de la main à la main, d'une génération a l'autre, ils contiennent la quintessence de la mémoire de nos civilisations.
UN ANTIQUE SAVOIR Durant l'ère préchrétienne, on considérait que ces textes détenaient une grande sagesse qui devait rester l'apanage de l'élite. Avec l'arrivée de la religion chrétienne, les enseignements des grimoires se retrouvèrent immédiatement opposés à ceux de la Bible. Les livres de magie, ainsi que ceux qui s'en servaient, acquirent alors une réputation sulfureuse et «maléfique». En Europe, c'est au cours du Moyen Age, puis de la Renaissance, que ce rejet atteignit son apogée. Les sorciers et leurs grimoires tenaient obstinément tête aux prêtres brandissant la Bible. Mais les chrétiens un peu trop zélés, qui encourageaient l'autodafé des grimoires et la lapidation des sorciers pour se conformer aux exigences de l'Inquisition, oubliaient que des personnages de premier plan de l'Ancien Testament, à commencer par le roi Salomon, avaient été des figures éminentes de l'occultisme et de la magie... Et, malgré les menaces et les persécutions, les grimoires traversèrent les siècles à l'abri des compartiments secrets des bibliothèques.
Selon la tradition occulte, les grimoires magiques médiévaux (a gauche) contiennent un savoir ésotérique qui remonte aux plus anciennes civilisations. Ces textes permettraient de disposer de pouvoirs surnaturels.
SORCELLERIE CHRÉTIENNE Paradoxalement, de nombreux membres du clergé conservaient eux aussi clandestinement des grimoires, au point que beaucoup de sorciers médiévaux furent, semble-t-il, des clercs. Et si des papes promulguèrent des édits contre la sorcellerie, d'autres, comme Urbain VIII au XVIP siècle, firent preuve d'une indulgence et d'une certaine curiosité vis-à-vis de la magie. L'attrait pour la magie noire dévoilée par ces livres interdits était tel que bien des hommes cultivés allèrent jusqu'à mettre leur vie en péril parce qu'ils refusaient, en leur âme et conscience, de reconnaître que leur possession en faisait des impies. Cela dit, les dogmes religieux médiévaux voulaient que ce ne soit pas seulement les connaissances contenues dans les grimoires qui fussent par inhérence magiques et dangereuses, mais les livres eux-mêmes en tant que symboles. En effet, certains grimoires donnaient des instructions sur la manière de les vénérer, suggérant que le livre était devenu un objet magique à part entière. La destruction d'un grimoire par une âme pieuse prenait souvent l'aspect d'un exorcisme et d'une exécution, comme si ses pages avaient réellement abrité quelque démon. Des écrits médiévaux parlent même de livres magiques qui auraient noirci les deux ou émis des hurlements au moment d'être consumés par les flammes.
La version cinématographique du Nécronomicon insiste sur le présumé pouvoir maléfique de l'ouvrage. Mais d'autres grimoires, tels que les fameuses Clavicules de Salomon , sont censés provoquer chez le lecteur des expériences agréables et des visions erotiques .
NOIRE OU BLANCHE? La distinction entre magie noire et magie blanche intéresse plus les adeptes que les adversaires de la sorcellerie. Ces derniers pensent d'ailleurs généralement que toute magie devient, à un moment ou à un autre, nécessairement noire. Les spécialistes de l'occulte, eux, opèrent des distinctions entre les divers types de magie, laissant aux esprits simplistes la division de la discipline en une « bonne » et une « mauvaise » magie* Aleister Crowley, le fondateur du mouvement sataniste contemporain, se réclamait de la distinction faite par les anciens Grecs entre la goetia ou basse magie, et la theurgia ou haute magie. La première était barbare et charnelle alors que l'autre se voulait plus théorique et sacrée. Une distinction similaire avait cours chez les magiciens du Moyen Âge et de la Renaissance. À cette époque, la plupart des magiciens affirmaient pratiquer une magie « naturelle », une quête désintéressée au coeur des lois de l'univers et du sacré. Sa contrepartie sombre était la magie « démoniaque » faisant entrer en jeu l'intérêt personnel dans l'invocation des esprits. Cette forme de magie était aussi connue sous les noms de « nigromancie » ou de « nécromancie » (un terme se référant spécifiquement à l'invocation des esprits des morts). Inutile de dire que les membres de l'Église prenaient alors rarement la peine de demander aux sorciers qu'ils persécutaient de quelle magie ils se réclamaient. Ils les condamnaient tous avec une égale sévérité.
INVOCATIONS D'ESPRITS Tout comme nous acceptons, de nos jours, d'être rivés au sol par la gravité, nos ancêtres croyaient que l'air qui les entourait était infesté d'esprits invisibles. Les grimoires décrivent les rituels complexes par lesquels ces esprits pouvaient être invoqués et rendus visibles pour être ensuite obligés d'accomplir les volontés de l'invocateur. L'opposition systématique du catholicisme est d'autant plus compréhensible lorsque l'on sait que les plus noirs des manuels de magie proposent des instructions détaillées pour les purifications rituelles. Ils recommandent au sorcier d'user des noms saints et de symboles pour se protéger et se rendre maître des entités qu'il invoque. Or. l"Eglise a toujours affirmé que tous les espnts appelés par les sorciers n'étaient que des démons et qu'essayer de les contrôler par l'usage de noms sacrés était un blasphème de la pire espèce. En fait, malgré les préparations nécessaires et la promesse d'apparition de véritables esprits, l'idée que des démons terrifiants puissent se livrer à de spectaculaires manifestations paraît avoir été surtout le produit de l'imagination des tenaces adversaires de la magie. Les sorciers et alchimistes, eux, considéraient leur art comme une affaire bien plus subtile, relevant principalement de la seule psychologie humaine. Aujourd'hui, le plus connu de tous les grimoires magiques est certainement le Nécronomicon. Sous-titré Le Livre des Noms Morts, il a la réputation d'être l'un des plus dangereux grimoires en raison de sa capacité à rendre fous ses lecteurs par ses révélations. Une rumeur savamment entretenue attribue la paternité de cet ouvrage à «l'Arabe dément» Abdul Alhazred qui, d'après la légende, aurait fini, à Damas en l'an 738, déchiqueté par des démons invisibles. Son ouvrage diabolique lui aurait survécu sous la forme de quelques rares traductions.
LA SIGNATURE DES GRIMOIRES On trouve dans tous les grimoires un pantacle, qu'il est préférable de graver sur vélin (de petit veau, donc sur une peau animale plutôt que sur du papier-parchem* Un pantacle est un ensemble de signes apportant une vibration particulière. Composé de cinq rameaux, cinq pointes en forme de pentagramme, il peut apparat, de deux manières : la pointe tournée vers le haut ou vers le bas. Dans le premier cas, c'est l'expression de la spiritualité. Sa pointe supérieure, le magiste, domine les quatre autres pointes symbolisant tes quatre éléments (Terre, Eau, Air et Feu). Dans la position inverse, le magiste orienté vers le bas se laisse dominer par les quatre éléments et s'enfonce dans la matière. Certains ont été déformés avec le temps ou volontairement modifiés, par exemple pour les soustraire à la lecture des agents de l'Inquisition* Certains auteurs comme Papus, Eliphas, Levi ou Piob ont préféré les rendre illisibles pour dissimuler leurs secrets ou les rendre inefficaces, dans le seul but de ne pas se compromettre ou pour garder pour eux le privilège de la puissance de ce signe occulte. L'ouvrage de Diane et Jack Coutela, L'Art du Pantacle (ci-dessous), paru aux Éditions Bussière, réunit 150 pantacles dérivés des génies. Base de l'occultisme, les 72 génies représentent une puissance totale qui englobe l'ensemble du savoir humain.
Ce très complet ouvrage permettra d'aller à la découverte ou d'approfondir sa connaissance de l'art du pantacle. Enfin mis au service de tous, un ouvrage grâce auquel le pantacle saura atteindre toute sa puissance.
UNE ŒUVRE DE FICTION ? En réalité, à moins d'accorder foi à certaines rumeurs occultes, le Necronomicon apparut dans une nouvelle de l'écrivain fantastique H. P. Lovecraft, en 1921. Lovecraft confia plus tard dans une lettre à un ami: «Passons maintenant à mes livres terribles et interdits... Je suis obligé d'admettre que la plupart d'entre eux sont purement légendaires. Il n'a jamais existé d'Abdul Alhazred ni de Necronomicon car c'est moi qui l'ai inventé. » Malgré tout, d'aucuns prétendirent que Lovecraft était effectivement tombé sur un véritable ouvrage occulte et qu'il avait, dans la lignée des anciens alchimistes gardant jalousement leurs secrets, brouillé volontairement les pistes. La légende du Necronomicon prospéra donc de plus belle. Deux auteurs américains, Daniel Harms et John Wisdom Gonce, ont abondamment disséqué ce curieux phénomène dans leur livre The Necronomicon Files ( Les Dossiers du Necronomicon ), en présentant et en analysant les différentes versions disponibles dans le monde.
SINISTRE POTENTIEL Ainsi, une des versions américaines le présente sciemment comme un véritable texte occulte et non comme une mystification ou une curiosité littéraire. Or le risque se situe justement dans l'absence de texte original et autorise, à ce titre, toutes les déviances. Certains jeunes lecteurs pourraient pâtir d'effets annoncés par certaines versions, à la suite d'une invocation proposée: «C'était comme si une partie de mon âme et de mon corps était devenue morte. Il m'arrivait de craindre que certains des composants mauvais de mon être, qui commençaient à s'accommoder des vibrations ressenties, puissent devenir assez puissants pour prendre possession de moi. » Un autre effet possible après une invocation, régulièrement mentionné, se présenterait sous la forme d'un cauchemar à répétition au cours duquel quelque chose d'énorme et de puissant cognerait contre les portes. Si certains regrettent que ce texte, qu'ils considèrent comme une supercherie, puisse avoir une influence sur des esprits influençables ou malléables, des occultistes assurent que les formules du Necronomicon «fonctionnent», qu'il soit authentique ou pas. Parmi les inconditionnels de Lovecraft, on trouve notamment ceux qui se définissent eux-mêmes comme des «magiciens du chaos», et qui affirment que la puissance de la croyance alimente plus la sorcellerie que de véritables dieux ou démons. Alléchés par des jeux de rôle puisant largement leur contenu dans l'univers de la magie, les adolescents mêlent volontiers les nouvelles technologies et la culture contemporaine avec la sorcellerie traditionnelle. D'ailleurs, The Necronomicon Files se sont largement nourris du Net et certains textes sont signés des «magiciens d'Internet». Alors, qui sait, peut-être que les grimoires du nouveau millénaire n'existeront que sur disque dur et que les démons invoqués grâce à eux émergeront désormais des noirs royaumes du cyberespace...
RITES DE PUISSANCE Pour l'essentiel, les grimoires réunissent les fondements culturels de l'astrologie arabe, du mysticisme hébreu, de l'enseignement biblique corrigé, des charmes classiques ainsi qu'une douzaine d'autres sources. Ils permettent, au final, d'accomplir des rites et des invocations élaborés susceptibles d'être utilisés dans des buts bien spécifiques. Dans 100 Recettes de magie pratique (ci-contre), publié par l'éditeur Guy Trédaniel, l'auteur Jacques Coutela, comparant son travail compilatoire à un livre de recettes de cuisine, explique par exemple comment on peut confectionner une bougie de contre-envoûtement, réaliser un pantacle ou la façon d'adoucir le café, le thé ou le tabac. L'utilisation des pyramides, des carrés magiques ou des eaux magnétisées et maudites obéissent à des régies précises qui feront de vous un maître de la pomme d'amour ou... de la pomme de discorde.
L'ESPRIT DU ROI SALOMON Les relations entre les grimoires et la Bible sont intéressantes, et pas seulement en raison de leur ambiguïté. Les Actes des Apôtres soulignent, avec une satisfaction évidente, que ceux qui se convertissent au christianisme brûlent de nombreux et précieux textes, et le Lévitique préconise que les adeptes de la sorcellerie devraient être lapidés. D'un autre côté, l'un des personnages les plus significatifs de l'Ancien Testament, Salomon, le roi juif célébré pour sa sagesse (représenté par la gravure sur bois ci-contre) s'adonnait à la sorcellerie. Quant au plus important peut-être de tous les grimoires, Les Clavicules de Salomon, c'est aussi l'un des plus anciens» D'après de nombreux chercheurs, il constitue la base de bien des textes magiques ultérieurs, ces derniers affirmant d'ailleurs contenir dans leurs pages toute la sage du souverain biblique.
RECETTES DE L'ENFER Les préparations détaillées dans les grimoires sont longues et complexes. Bien qu'il n'existe pas de techniques typiques, certains aspects sont récurrents. Les grimoires recensent souvent les noms des démons, avec leurs descriptions, et quelquefois en proposent même des représentations (ci-contre à droite) et leurs fonctions : s'assurer de l'amour d'une femme, trouver un trésor perdu, etc. Les grimoires invitent le sorcier à apporter le plus grand soin à l'invocation d'un démon. La préparation nécessaire à cette cérémonie peut prendre jusqu'à plusieurs semaines, quand ce ne sont pas des mois et il est indispensable de créer de toutes pièces les accessoires (épées, robes décorées, symboles mystiques). Pour les sceptiques, ces rituels sont délibérément compliqués pour éviter qu'on ne les teste et que l'on découvre leur impuissance. Les partisans de la magie affirment, ou contraire, que c'est parce que ces rituels sont si rarement mis en oeuvre que peu de gens en connaissent l'efficacité.
CROWLEY ET LE COSMOS À en croire le célèbre sataniste du XXe siècle Aleister Crowley (ci-contre à droite), les rites et rituels des grimoires sont plus destinés à créer des changements psychologiques chez le sorcier qu'à modifier la réalité surnaturelle extérieure à lui. Dans son introduction à une édition de 1904 des Clavicules de Salomon, il insiste sur le fait que les résultats magiques décrits dans le livre ne sont pas « miraculeux » mais « rationnels ». Crowley soutient que le jeûne, la concentration sur certains sons, des visions ou des parfums, ainsi que d'autres rites décrits dans le célèbre grimoire, sont des exercices réactivant des facultés mentales cachées* II identifie la magie noire à une ancienne technique permettant à son utilisateur de libérer les démons et les anges de son esprit pour se mettre en contact avec le cosmos. Ceci est un bon exemple de la magie (ou de la « magick » comme l'écrivait Crowley) considérée, suivant la fameuse définition de l'auteur, comme « la science et l'art de pouvoir modifier les choses à volonté ».
LES ŒUVRES DE LOVECRAFT Le grimoire moderne le plus connu est sans doute Le Nécronomicon, dont plusieurs éditions furent publiées au cours des trois dernières décennies. Ce qui est remarquable dans cette oeuvre sulfureuse, c'est qu'elle est censée réunir fous les rituels maléfiques depuis les Sumériens. Or, tous les spécialistes de l'occulte confirmeront que la totalité des diverses versions de cette bible satanique dérivent en réalité d'une mystification littéraire récente. Le Nécronomkon fut inventé par le grand écrivain américain H. P. Lovecraft (pot trait Mujlii, ci-dessous), qui l'évoqua fréquemment dans ses histoires. Jusqu'à ce que, bien après sa mort, des occultistes décident d'imaginer un contenu à ce livre qui n'était jusque-là qu'un simple Titre...
Au Moyen Âge, la possession d'un grimoire « hérétique » constituait un délit puni de mort. De nos jours, beaucoup de spécialistes voient dans les grimoires des oeuvres d'imagination, qui, si on s'en sert en suivant les règles imposées, peuvent néanmoins avoir un impact psychologique profond sur l'utilisateur :
OUVRAGES TABOUS
Dossiers
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