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ISSUE DU MOYEN AGE, LA TRADITION LÉGENDAIRE DU GRAAL MAINTIENT VIVACE LA QUÊTE FABULEUSE DES CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE. AUJOURD'HUI ENCORE, DE NOMBREUX ÉRUDITS SONT SUR LA PISTE DE CETTE OBJET MYTHIQUE AUX POUVOIRS MERVEILLEUX CAR, SELON CERTAINS, CETTE COUPE SACRÉE A RECUEILLI LE SANG DU CHRIST...
À la fin du XIIe siècle, une littérature abondante propage à travers toute l'Europe légende d'une relique sacrée appelée le Graal. Cet objet merveilleux, auquel on attribue des pouvoirs miraculeux, suscite aussitôt un vif intérêt dans la chrétienté. On raconte partout que le Graal peut guérir les malades rassasier les affamés et procurer longue vie. Pour en recevoir les effets bénéfiques, il suffit même de l'avoir aperçu en songe car c'est ainsi qu'il se manifeste le plus souvent dans les récits médiévaux. L'engouement pour le Graal va jusqu'à transcender la légende: des lettrés soutiennent que le Saint-Graal n'est pas un mythe, une chimère, mais un objet bien réel: la coupe même dans laquelle Jésus but lors de la Cène., son dernier repas. L'imagination des chevaliers engagés dans les dernières croisades sera elle aussi marquée par cette légende du Graal, a en croire l'invraisemblable quantité de calices, de bols et de coupes, tour à tour présentés comme « la » Sainte relique, que ces croisés ramèneront d'Orient. C'est très certainement la dimension chevaleresque et l'épopée des chevaliers du roi Arthur, attachées à la quête du Graal, qui contribuent à la pérennité de la légende. L'Église, elle, restera toujours réticente à promouvoir le Graal comme un symbole sacré pouvant concurrencer la croix. Les textes qui assimilent le Graal au calice utilisé par le Christ lors de la Cène ne sont d'ailleurs fondés sur aucune tradition chrétienne reconnue par Rome. De plus, faute de preuves tangibles, la majorité des historiens envisage l'existence même du Graal avec un scepticisme certain. Le Graal n'est-il donc qu'un mythe médiéval digne de celui de la licorne? Un objet fabuleux similaire à l'herbe d'immortalité de Gilgamesh ou à la Toison d'or recherchée par Jason et ses Argonautes ? Pourtant, huit siècles après la révélation du Graal en Occident, des hommes consacrent encore leur vie à sa recherche... Si la «divine coupe» existe réellement, où se trouve-t-elle ? À notre tour, partons sur les traces du Graal, et commençons par plonger dans les récits du Moyen Âge qui en firent l'éloge.
LE ROI ARTHUR ET LA QUETE DU SAINT-GRAAL Le même du Saint-Graal apparaît pour la première fois au Xir siècle dans te «cycle arthurien», une série de romans racontant l'histoire du roi Arthur et des chevaliers de la Table Ronde. Tout commence par une vision: lors d'un banquet au château de Cardoël, le roi entouré de ses chevaliers entrevoit le calice de l'Eucharistie, flottant au milieu des convives. Jurant de retrouver ce Graal, les chevaliers se lancent dans une quête semée d'épreuves, et seuls trois d'entre eux parviendront au but: Galahad, fils de lancelot, Bohort et Perceval. Grâce à sa révélation du Graal, Perceval guérira le Roi Méhaigné (mutilé) d'une plaie réputée incurable et rendra aux terres de son royaume, surnomme la Terre gaste {stérile) toute leur fertilité» Dans cette guérison du roi et sa prospérité retrouvée s'expriment le pouvoir de la foi et l'essence du Graal: la quête d'une perfection spirituelle, propre à l'idéal « courtois>> en vogue au Moyen Age*
PREMIERE APPARITION Le Graal apparaît pour la première fois dans Perceval le Gallois ou le Conte du Graal ouvrage de quelque 9 000 vers écrit par Chrétien de Troyes, en l'honneur de Philippe d'Alsace, comte de Flandres. Pour rédiger cette épopée chevaleresque, travail entrepris vers 1180, Chrétien de Troyes s'inspira sans doute de mythes celtiques, comme celui du chaudron de Dagda où chacun se rassasie, et qui symbolise la résurrection. L'histoire de Perceval peut se résumer comme suit : chevalier fréquentant la cour du roi Arthur, il fait un jour halte au mystérieux château du Roi I Pêcheur. Là, quatre signes lui apparaissent dans un songe, dont une lance suintant du sang et une coupe étincelante. Perceval ne comprend pas la signification du songe et va en payer le prix : ce n'est qu'au terme d'une longue errance, et d'une difficile quête intérieure, qu'il découvrira la fonction de la coupe et trouvera la paix de l'âme. Chrétien de Troyes mourra avant d'achever son Perceval, mais l'oeuvre fera l'objet de plusieurs «continuations» (notamment celle de Wauchier de Denain, entre 1190 et 1200) qui permettront de clore l'histoire du chevalier et de sa quête. Soulignons ici le fait que Le Conte du Graal marque la naissance de la littérature laïque au Moyen Âge. Il signifie l'avènement du roman, un nouveau mode d'expression particulièrement adapté à la tradition chevaleresque. Rappelons que le roman tient son nom de l'utilisation d'une langue dite vulgaire (romania), issue du latin. Initialement, le roman est donc une traduction en langue «romane» de textes latins de l'Antiquité... que seuls clercs et lettrés maîtrisent à l'époque. La forme littéraire choisie par Chrétien de Troyes va donc conforter le succès d'une oeuvre, dont la trame chevaleresque seule était propice à marquer son temps. Soulignons également que ces considérations de linguistique jouent un rôle important dans la légende du Graal. Nul ne sait au juste de quel ancien patois est issu ce vocable : s'agit-il de gradale, terme désignant un livre sacré aux feuillets scellés, ou de grasalé, le vase sacré ayant contenu le sang du Christ? L'option est ouverte, et les successeurs littéraires de Chrétien de Troyes vont en profiter pour donner leur propre interprétation de la forme du Graal.
La place forte albigeoise de Montségur dont seules les ruines se dressent dans le ciel landuedocien depuis la guerre des Cathares, est un autre possible emplacement du graal. Les Cathares sont en effet les héritiers supposés de l'Église de Joseph d'Arimathie. Ce qui explique pourquoi il furent taxés d'hérésie et exterminés sur ordre de L'Eglise romaine
PARZIVAL ET JOSEPH Vers 1200, le poète bourguignon Robert de Boron achève son Roman de L'Estoire dou Graal ou Joseph d'Arimathie. Dans ctte «reprise», inspirée de l'Évangile de Nicodème, la signification du Graal change de façon notable et se charge d'une dimension biblique; le Graal n'est plus seulement l'évocation du calice de l'Eucharistie, la communion du Christ avec ses fidèles, mais aussi la coupe dans laquelle Joseph d'Arimathie, cousin et disciple de Jésus, recueillit le «Précieux Sang» du Christ sur la croix. Le Graal devient de ce fait vecteur de miracle: tout breuvage qu'il contient est source d'immortalité! De même, la lance apparue en songe aPerceval dans le château du Roi Pêcheur est très clairement l'arme avec laquelle le centurion Longin acheva Jésus. Une adaptation ultérieure de la légende du Graal, allemande cette fois, va être rédigée par Wolfram von Eschenbach, à partir de 1220 environ. Il s'agit de Parzival, oeuvre imposante de 24000 vers, dont Richard Wagner s'inspirera pour écrire son opéra-fleuve, Parsifal. Une autre mystique s'empare du Graal, celle de l'alchimie, car ici la coupe devient une énorme émeraude aux pouvoirs proches de la pierre philosophale ! Perceval Parzival et Joseph d'Arimathie vont devenir tous trois des romans très populaires, rapidement traduits et adaptés dans toute l'Europe. Mais l'oeuvre de Robert de Boron recèle une valeur indéniable pour les chasseurs de trésors. L'auteur y raconte en effet comment le Graal fut amené de Palestine en «Bretagne insulaire» (l'Angleterre actuelle). Le Christ étant apparu à Joseph d'Arimathie pour lui demander de prendre soin de la coupe contenant son propre sang, Joseph décida alors de convoyer la relique jusqu'en Bretagne, précisément à Glastonbury (comté de Somerset), où il bâtit une église dédiée à la Vierge Marie... Le calice y serait encore.
INDICES HISTORIQUES Le récit de Robert de Boron semble fondé sur un fait historique. Dans sa biographie de Jésus, A.N. Wilson, un historien britannique, rappelle une ancienne légende de Cornouailles selon laquelle Joseph d'Arimathie aurait rendu visite à des métallurgistes de Bretagne, accompagné de Marie et de son fils Jésus, alors âgé de dix ans. Joseph d'Arimathie aurait donc pu choisir de retourner en Cornouailles, trente ans après la mort de Jésus, afin d'y enterrer le Saint-Graal à Glastonbury. Intrigué, Wilson découvrit par la suite qu'une légende similaire courrait également en Galilée, région natale de Jésus en Palestine. Si nous ne disposons d'aucune preuve attestant que Joseph d'Arimathie fut le dépositaire du «Précieux Sang», son voyage en Angleterre est en revanche confirmé dans une lettre adressée, en 597, par sainte Augustine de Canterbury au pape Grégoire. La sainte femme y rappelle que les premiers apôtres ayant accosté en Angleterre furent Philippe, Jean... et Joseph d'Arimathie.
LA QUETE DE LA VERITE Sur une période de près de mille ans (celle qui sépare Joseph d'Arimathie de Robert de Boron), aucun texte ne fait référence à l'existence du Saint-Graal. Ce fait suffit a convaincre de nombreux experts que le Graal n'a jamais existé que dans l'imagination des poètes, qu'il n'est qu'une légende puisant sa source dans les nombreuses mythologies antiques faisant intervenir un vase magique, ou encore qu'il s'inspire de textes bibliques apocryphes (c'est-à-dire que l'Église ne reconnaît pas) ramenés des Croisades. Pourtant, même réduit à un phénomène culturel propre au Moyen Âge, la symbolique du Graal ne nous est pas parvenue si vivace sans raisons. Exemple de quête spirituelle, quasi mystique, de la vérité, brossé sur fond d'imaginaire chevaleresque, la légende du Graal a éclaboussé de sa lumière un Moyen Âge obscurantiste. Apparu dans une période cherchant ses repères et ses valeurs, le Graal fut un mythe puissant, dépassant la morosité de son temps. En ce sens, le Graal n'a pas d'époque, et pourrait avoir cours aujourd'hui. Objet mystérieux pouvant dispenser la béatitude mais dont la quête appelle à maints sacrifices, objet perdu comme peut l'être le sens de la vie... le Graal continue à délivrer son message à travers les siècles. Et sans doute est-ce là sa plus grande richesse.
Enquête s'appuyant sur des auteurs littéraires et populaires (F. Rabelais, B. Stoker, G. Sand, etc.) et sur des peintres pour parvenir à Rennes-le-Château, dans l'Aude, où le curé a conclu que la fille qui porte le Saint-Graal dans toutes les versions de la légende est Marie-Madeleine, prétendue épouse de Jésus-Christ, ancêtre d'une lignée royale dont il existerait des descendants aujourd'hui.
« C'est la plus grande énigme du monde, ou la plus belle arnaque de tous les temps. De la quête du Saint Graal aux manipulations génétiques, le sang de Jésus n'a jamais nourri autant de fantasmes qu'à notre époque, où certains voudraient remplacer l'eucharistie par le clonage. Mais quelle réalité se cache derrière ces fantasmes ? Le même sang imprègne-t-il vraiment les reliques de la Passion - Linceul de Turin, Suaire d'Oviedo, Tunique d'Argenteuil ? Si elles sont authentiques, comment s'explique l'incroyable conservation des globules rouges et blancs que les biologistes y ont découvert ? L'ADN attribué à Jésus est-il réellement exploitable ? Et quel est le but de ceux qui, aujourd'hui, tentent le diable en voulant réincarner Dieu ?
En France, sous l'occupation allemande de 1940 à 1945, Hitler envoya Otto Rahn à Renne-le-Château et en d'autres lieux du Languedoc où existaient des grottes cathares, avec pour mission de trouver le Graal. Pour l'occasion, il mit à contribution une partie de l'armée d'occupation et un contingent de mineurs spécialisés venus directement d'Allemagne. Bien sûr, personne ne sais si les fouilles menées par les nazis dans le sud de la France ont donné des résultats. Quoi qu'il en soit, le plus important est la conclusion que l'on peut tirer des enseignements de la légende du saint-graal. L'homme doit être plus attentif aux récits sortis de son imagination car certains mythes ont un pouvoir virtuel si puissant qu'ils ont la propriété de modifier le cours de l'histoire de façon significative. Cet objet mythique n'aurait pas seulement contenu le vin de la cène. Il aurait également servi à recueillir le sang du Christ en croix. Selon la légende, le Graal aurait été taillé par des êtres angéliques dans une grande émeraude qui serait tombée sur la terre après s'être détachée du front du Lucifer alors que celui-ci, chassé du paradis, était précipité dans les ténèbres. La légende affirme que le sang qui jaillit du flanc de Jésus-Christ, lorsqu'il fut blessé par le soldat romain Longin, fut recueilli dans le Saint-Graal.
De tous temps, une légende a fasciné l'humanité... celle du Saint Graal. Les plus récentes recherches prouvent que derrière la légende, pourraient se trouver bien plus de réalités que celles admises jusqu'ici. Nous accompagnerons une équipe de tournage au long d'un voyage captivant, nous conduisant de l'Antiquité à nos jours. En suivant André Douzet, nous chercherons des éléments, et indices oubliés, dans le Midi de la France. C'est une des premières équipes de tournage qui a exploré le passé depuis les grottes du Graal à Vicdessos. Elle nous apporte également des images fascinantes de la forteresse de Montségur, au pied de laquelle de nombreux Parfaits Cathares trouvèrent une fin abominable. Nous verrons comment les nazis, sous Heinrich Himmler, ont fait disparaître un village entier pour réaliser un projet de construction, d'une ampleur incroyable, au nom du Graal.
Les ruines du château Dinas Bran, au Pays de Galles, sont considérées parmi les quelques sites où Joseph d'Arimathie choisît de conserver le Saint-Graal. Mais, sur ce point, la controverse entre les différentes de la légende est toujours d'actualité.
Le roi Arthur et ses chevaliers féaux siègent à la Table Ronde, lors de la Pentecôte quand le Graal leur apparaît. Les chevaliers feront le vceu de retrouver le Graal... une quête qui aujourd nui comme alors symbolise le chemin conduisant à la vérité spirituelle.
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