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Le Loch Ness, le plus grand des lacs écossais, accuse près de 60 km2 et une profondeur maximale de 230 m. Son énorme volume d'eau, qui ne gèle jamais, recèle une grande quantité de truites, anguilles et même d'esturgeons. Relié aux mers d'irlande et du nord, le Loch Ness est l'un des sites les plus visité d'écosse... car les touristes souhaitent voir la bête qui, dit-on hante le lac.
Par un jour trés chaud de l'éte 1933, un couple d'écossais, M et Mme MacKay regagnent en voiture leur domicile de Drumnadrochit dans les Highlands.
ils longent à faible allure les rives du Loch Ness lorsqu'une apparition inattendue les fait stopper netUn animal,énorme,vient d'émerger de l'eau; après s'être figée quelques secondes, la « créature » replonge dans les profondeurd.
Le lendemain, les MacKay. relatent leur aventure à un voisin et ami. Alex Campbbell. employé des Eaux et Forêts mais également correspondant d'un journal local, l'Inverness Courier.
Le couple donne au journaliste d'étonantes précisions : l'animal entrevu mesurait bien cinq à six mètres de long, ressemblait à une baleine, avec le dos surmonté d'une ou deux grosses bosses et un cou de girafe terminé par une tête ridiculement petite eu égard à la taille du corps.
Alex Campbell manifeste d'abord un scepticisme compréhensible. Ce garde-pêche connaît bien l'endroit et il sait qu'en été, par une chaleur torride, des phénomènes de mirages sont parfois observés sur le lac, illusions d'optique agrandissant démesurément les objets tels que des bouteilles vides, voire des oiseaux.
Mais Campbell finit par étouffer ses scrupules, et déside finalement d'accorder foi au récit des Kay. Il rédige un article à sensation que l'Inverness Courier publiera aussitôt., en respectant le vocable employé par son correspondant: « le monstre du Loch Ness bientôt surnommé Nessie . Nous sommes en 1933, et la légende du monstre du Loch Ness vient de prendre une dimension internationale. Une légende née dans les profondeurs de ce lac d'Ecosse, et qui va faire preuve d'une étonnante longévité.
À partir de 1968, des expéditions se succédèrent sur le Loch Ness pour effectuer des recherches d'objets situés en profondeur. En octobre 1987, grâce à un budget de plusieurs millions de francs, l'opération Deepscan (ci-dessus) rassembla une flottille de vingt bateaux équipés de sonars, appareils de détection sous-marine utilisant la réflexion des ondes sonores. Les eaux du lac furent ainsi passées au peigne fin en quête d'une présence sous-marine inhabituelle. Trois « contacts » anormaux furent relevés entre 77 et 178 mètres de profondeur. Malheureusement, il fut impossible de relocaliser ces contacts les jours suivants.En 1992, d'autres navires, munis de sonars Simrad bien plus perfectionnés, parcoururent 800 kilomètres sur le lac. Il résulta de cette opération, patronnée par le British Muséum, une carte précise de la configuration du lac, mais pas la preuve de l'existence de grottes susceptibles d'abriter un quelconque monstre du Loch Ness.
Pris à son propre jeu, auréolé d'une gloire soudaine, Alex Campbell s'intégrera à la foule des touristes et curieux venus apercevoir, eux aussi, le monstre suggéré dans son article. Campbell affirmera avoir vu la créature pas moins de dix-huit fois en 47 ans de carrière. Il précisera même les caractéristiques de «Nessie»: un corps gris foncé luisant comme celui d'un phoque, mesurant dix mètres de long, surmonté d'un cou «de cygne» d'une longueur estimée à deux mètres de long. Curieusement, Campbell ne réussira jamais à prendre une photo de la créature. C'est le 13 novembre 1933 que le monstre fut pour la première fois pho-
tographié, par un certain Hugh Gray. Un an après seule ment, un médecin londonien du nom de Kenneth Wilson faisait un coup d'éclat avec une autre photo, montrant le long cou du
monstre émergeant de l'eau. Ce cliché devint célèbre, on l'appela «la photo du chirurgien».
Quarante ans plus tard, le 21 mais 1977, Anthony «Doc» Shiels prenait encore deux photos d'un monstre qu'il décrivit ainsi: «L'animal avait un dos vert-marron, le ventre plus clair, une peau luisante et lisse. Pendant quelques secondes, il se tint très droit, immobile. Seule sa tête minuscule bougea légèrement, puis il raidit son cou et s'enfonça très tranquillement dans l'eau.» Très récemment, en 1996, un pêcheur nommé Austin Hepburn prenait une série de cinq photos d'un large sillage déformant la surface du lac, sans cause apparente.
Sans mettre en doute l'honnêteté de tous ces photographes, l'enquêteur Ronald Binns, dans livre intitulé Le Mystère du Loch Ness résolu, souligne que de nombreux «témoins» prennent des photos d'objets divers flottant sur les eaux du Loch Ness: sillages de bateaux ou de poissons, troncs d'arbres, rochers, et même des oiseaux Plus sceptique encore, le responsable du centre d'exposition touristique du Loch Ness, situé à Drumnadrochit, suggère que les créatures aux allures reptiliennes prises pour Nessie sont sans doute des esturgeons venus de Mer du Nord pour pondre dans les eaux du Loch : de fait,ces poissons peuvent atteindre quatre mètres de long en pleine maturité...
De nombreuses photos sont prises du monstre, mais elles sont le plus souvent démontrées comme étant fausse.
Les films de cinéma sont beaucoup plus difficiles à truquer et sont davantage pris en compte. Deux d'entre eux sortent vraiment de l'ordinaire :
- Le premier a été tourné par Tim Dindsdale, le 23 avril l960, à l'embouchure de la rivière Foyers. On y voit une bosse se mouvoir lentement au loin, puis traverser le champ de la caméra avant de plonger. L'analyse du film a conclu que l'objet filmé était "probablement en mouvement" et qu'il mesurait environ l,70 m de largeur. Sa vitesse estimée était de l6 km à l'heure.
- Le second film a été tourné par Richard Raynor, le 13 juin 1967, à l'extrémité nord du lac. Il montre un sillage, à la tête duquel on aperçoit parfois un objet solide, déclaré lui aussi animé. Richard Raynor a expliqué que l'animal filmé évoquait pour lui une espèce d'otarie. Comme la longueur estimée de la partie qui émergeait a été évaluée à près de 2 m, on peut rêver sur la taille de l'otarie en question.
En 1968, le Viperfish, le petit sous-marin privé de l'américain Dan Taylor, se lance à son tour dans le lac. Son propriétaire, en plus des recherches au sonar, a prévu de lancer des fléchettes sur le "monstre", pour lui prélever des échantillons de peau. Son rêve est de permettre un premier classement de l'animal dans un cadre zoologique précis. Dans les eaux tourbeuses du lac, le petit engin ne sera pas d'une très grande utilité.Près du Loch Ness, le Loch Morar est, lui aussi, hanté par un "monstre". Heureusement, ses eaux sont plus claires. C'est donc dans le Loch Morar que des chercheurs installent, en l974, une chambre d'observation directe sous-marine, plus connue sous le nom de Machan. Une équipe y prend place, rapidement relayée par un système de caméras de télévision commandé de la surface. Rien de ce qui se passe au fond ne doit échapper a priori à l'oeil des caméras, Celles-ci permettent d'identifier avec beaucoup de précision tout ce qui bouge sous l'eau : un film est toujours plus précis qu'une photographie. Il n'est cependant rien sorti des caméras placées dans le Machan.
Personne n'a pu démontrer ou apporter de preuves irréfutables de l'existence d'un tel animal (monstre) dans les profondeurs du lac du Loch Ness.
Il nous reste encore bien des années pour aller rêver sur les rives du Loch Ness en guettant (au cas où.) une mystérieuse créature dont les contes parlent depuis des millénaires.
L'ALBUM PHOTO DE NESSIE
Les photos et les films :
La célèbre photo d'Anthony Shiels est d'autant moins convaincante que toute la série de clichés montre une tête et un cou absolument immobiles. En un seul commentaire, Shiels a d'ailleurs lui-même sapé sa crédibilité: «Je suis certain que c'est bien Nessie qui m'est apparu, obéissant aux ordres de mon pouvoir psychique. »
La célèbre photo, prise par le Dr Kenneth Wilsonle 19 avril 1934, est un faux : le petit-fils du photographe avoua, le 15 mars 1994, jour de la mort du médecin, que ce dernier avait fabriqué une maquette en bois fixée sur un automate sous-marin ! L'écrivain Ronald Binns obtint un effet identique (encadré)... avec le bras émergé d'un nageur !
SAFARI-PHOTO
TRAVAIL EN PROFONDEUR
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L'ALBUM PHOTO DE NESSIE
Dossiers
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